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Marylin...Marylin (début)

Marylin...Marylin (début)

MARYLIN  MONROE (1/2)


Au début, 
elle , Marylin, sourit
se regarde, dans le miroir, dans le miroir de nos yeux, de nos désirs, de nos fantasmes,
de rêves qui unit aussi bien l’éboueur, le marchand à la sauvette, le président des Etats Unis et le père

C’est peut être la bouche
ta bouche, donc que l’on distingue en premier
puis les lèvres
tes lèvres que tu fardes avec du rouge à lèvres
puis tout ton cors qui se devine. 

Elle marche, sûre d’elle
Elle, à cet instant, existe en tant que personne avec sa singularité, son universalité. 
Dans un un siège immobile, un homme muet, silencieux
fixe, rigide
qu’on ne verra peut être jamais
mais qui existe
qui juge
qui se juge
qui la juge qui nous juge

Ensuite
elle s’arrête, elle s’apprête à parler
La vérité. 
Bien sûr c’était le matin, quand elle est avec les éboueurs, quand elle est non pas une femme, mais une passante avec qui on a envie de parler, de sourire. 
et non pour posséder, pour enfermer au nom d’un amour qui n’a que le nom

La ville est belle
(quelques fois, je mets un foulard...ça alors ça peut m’arriver à moi) 

et puis
rapidement
après cette joie semblable à celle de l’enfant qui s’éveille, qui a près de lui, ses objets familiers, le sourire de sa mère ou de son père
C’est la guerre,
Elle, Marylin s’arrête face à l’homme assis dans le fauteuil, le juge, son juge, notre juge muet
Comme prise en faute elle raconte “voulez vous s’il vous plaît débarrasser le plancher”
elle insiste bien sur le “s’il vous plaît”, la convenance sociale, celle qui permet de policer la haine, la jalousie
celle des bourgeois
pas celle du peuple, des enfants, de la naissance
non la haine des possédants, ceux qui becs et ongles défendent leur enfermement
contre ce qu’ils appellent les communistes/anarchistes

ensuite
elle oublie, elle repart soulagée par cette confession qu’elle vient de reconnaître devant le juge, notre Juge assis devant elle, à quelques mètres d’elle
Rassurée, elle est bien membre de cette société, elle sait se tenir: elle ne voulait pas le, nous séduire elle voulait simplement qu’il comprenne que nous comprenons qu’elle n’était pas un petit animal animé par la seule joie de la terre

et
pour achever de se prouver qu’elle n’est pas qu’une image
l’image de la bimbo idiote qu’il, le juge immobile, et que tous veulent voir afin d’échapper à leur propre jouissance,
elle se lance dans l’analyse de sa propre célébrité
un discours qui se veut rationnel et - elle le sait - qui confine à la bêtise du roman feuilleton moral et convenu
“mais une chose à propos de la célébrité.....voila des amis que vous n’avez pas intérêt à voir tous les jours”..
arrêt
comme si elle voulait dire au juge assis dans le fauteuil, ses jambes croisées, le regarde dur, implacable “c’est ça que tu voulais que je dise, c’est ça que tu attendais de moi, toi l’intellectuel comme Miller, l’intellectuel pourchassé par le Mac Cartysme, et que je voudrais entraîner afin d’enrichir avec lui, avec toi et moi et moi et toi sa notre révolte, d’une essence charnelle, universelle..

puis
se révoltant contre elle même
non encore une fois, elle refuse d’être LA séductrice, d’être la gourou, la femme de pouvoir
elle joue à l’enfant “si vous étiez ceci ou cela”...

car en fait ce qu’elle veut, mais ce que vous ne comprenez pas,
elle veut être avec le peuple, avec les gens simples
ceux qui aiment gratuitement, parce qu’ils aiment la vie, le soleil, ceux du peuple qui dans les bidonvilles aiment parce qu’ils aiment parce que ce n’est pas leur intellect qui les poussent à aimer, mais simplement, leur corps, leur âme
Alors pour cette raison
Elle grimpe lentement sur l’arbre qu’on ne voit pas
elle est là haut, tout la haut dans l’arbre,
elle rit, elle rit
“je suis chez moi”

et de nouveau
le monde, le réel reprend le dessus
Elle n’est pas une gamine
elle n’a pas le droit de rire
depuis quand dans le monde occidental a ton le droit de rire
ici, on ne rit pas.
Elle est une actrice
Elle a une profession
Elle n’est pas une image
Elle est une professionnelle engagée, payée, travailleuse, qui la tract.
“j’étais morte de peur” “les gens doivent en avoir pour leur argent”
elle , Marylin, a une profession
elle n’est pas qu’un jouet
elle a une profession, elle est actrice
“une larme tout de suite”

en fait à cet instant
ce n’est pas lutte des classes, la lutte des classes n’existe pas, c’est la lutte des castes. 
Elle parle avec un accent prolo, peu distinguée (la vaisselle, les cents assiettes)
elle a été prise
elle même dans le piège qu’elle s’est tendue,
que la société lui a tendu
Pour chasser la pulsion de vie, la joie
elle s’est convaincue
qu’elle n’était qu’image,
elle se bouche les oreilles
elle se serre contre elle même
elle ne veut plus entendre la voix des éboueurs, la voix de son enfance, 
elle est dans le monde, le centre du monde
le juge dans le fauteuil acquiesce
est participe à une party organisée par le président des Etats Unis

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