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Journal à rebours (suite)

J’ai rencontré ensuite A. à Paris A. m’a dit "au début je pensais que tu étais un nul". Je suis allé la voir à Varsovie. J’ai demandé dans la rue où se trouvait l’emplacement de l’ancien Gettho de Varsovie, comme j’ai appris le russe pour casser les pieds à ma mère, et que je comprends un peu le polonais, je crains d’avoir compris ce que les polonais dans la rue m’ont répondu. Quinze ans plus tard (environ) A. m’a téléphoné, je l’ai vue près de l’Eglise Saint Augustin, elle m’a dit qu’elle était ma grande amie polonaise, je l’ai rappelé au téléphone qu’elle m’avait laissé, ils m’ont dit qu’il ne connaissait pas de femme au nom de A. Ai-je créé avec A. un lien construit autour du plaisir pervers fondé sur l’absence, nous sommes nous renvoyés mutuellement notre vision d’un monde judéo polonais qui ne pouvait pas communiquer parce que juif et polonais ? (je me souviens encore de sa colère lorsque elle passa avec moi devant moi devant les drapeaux rouges que brandissaient des manifestants devant l’ambassade du Chili de Pinochet.) Ai-je aussi créé un lien pervers avec L. ?Elle ne veut pas être pas d’enfant, c’est moi qui veut des enfants, ou alors ce sont ma mère, les mères, je ne sais pas, je reconnais encore une fois, les faits, j'ai invité A2 par écrit à prendre un café, de quel droit est ce que je propose à une femme toute de noire vêtue et débordante d’activité de prendre un café avec moi, n’est ce pas là le début d’un harcèlement, d’une prise de pouvoir, qui finira par l’enfermement dans un appartement commun dans l’attente non pas des coups sur la porte de la Gestapo KGB mais de la mort inéluctable même si je devine que la mort n’existe qu’en fonction de notre présent visible. Je ne comprends pas. La joie demeure, celle jouée par le pianiste Dinu Lippati , la musique est la passerelle entre la sensation du présent, et le passé donc le futur, pourquoi nous demandons nous toujours sans cesse si il ou elle ne m’a, ne nous a pas manipulé, si elle ou il va revenir, tu crois qu’elle va venir, tu crois qu’elle va revenir ? Le mari de L. ne m’a peut être jamais adoré. La seule similitude réside dans le fait que L. joue au tennis comme la Maya des envoûtés. Et ma mère, les mères ne sont peut être pas des concepts mais des femmes. « Tu as le droit de dire que j’ai accaparé la tribune parce que je suis un abruti, mais pas parce que je suis un homme, les trente sept psychiatres que j’ai consulté ont dit que j’avais un problème d’identification masculine » ai-je bramé dans un festival suite à une intervention d’une réalisatrice queer féministe qui se plaignait de l’attitude abusive de son papa et donc de la mienne d’attitude.
J’ai tout inventé.
Ma mère, les mères, le mari, L. A ,A2, la relation judéo polonaise, Bruxelles, les François, le journaliste, l'engagement, la société à responsabilité illimitée, les touristes et leurs valises sont le fruit de mes projections névrotiques.
Les envoûtés est un roman ridicule, en ce sens qu’il finit bien parce que l’homme et la femme comprennent qu’en s’aimant ils mettront fin à leur culpabilisation.
Peut être que Gombrowicz a fini par avoir peur de Gombrowicz.
« Tes peurs, tu vois, il faut souffler dessus, comme ça, comme ça » m’a dit un jour un L. en soufflant sur une tige imaginaire.
« Et ensuite tu n’as plus peur » a ajouté L.
Oui, mais, ensuite ?
Et qu’est ce que je suis allé faire en Pologne ?

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