Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
merejkowskypierre.over-blog.com

FESSENHEIM 06H33

Fessenheim 06h34

(récit en cours d'écriture de Merejkowsky)

République. «Où allez-vous ? » demande une grande tante. «Le vent a tourné au sud-sud-est » répond un grand oncle. « Cette double rangée de mitrailleuses légères illustre à merveille les aberrations technocratiques du démantèlement des services publics de notre plaine alsacienne lorraine » note la grande tante. « Quelle heure est-il ?» demande le grand oncle.  «Je ne vous ai pas adressé la parole » répond la grande tante. «Excusez moi, je croyais que vous m’aviez adressé la parole » note le grand oncle.  « Tiens » répète Maguelone. « Tiens » répète Irina. Pierre G. caresse  le manche doré du balai brosse. Le murmure de la forêt disperse le cri jaunâtre de l’extincteur. Pierre G. ne fume pas.. Pierre G. se souvient de son père. Le tankiste se souvient de sa verge salie. Le préfet arpente le dortoir. Un tableau champêtre surplombe le miroir latéral du dortoir. Un peloton de chasseurs endimanchés prend d’assaut la barricade. Le préfet  caresse sa moustache pistache  devant le miroir latéral. Le délégué syndical majoritaire s’oppose à la reddition sans condition de la barricade. Pierre G. hisse le manche doré du balai brosse sur sa clavicule. Le brigadier de la protection civile fusille sans sommation le délégué syndical minoritaire. Un autocar de la protection civile écrase par erreur une demi-douzaine des retraitées de l’éducation nationale.

« Je suis le préfet» hulule le préfet.

Pierre G. effectue un demi-tour sur lui-même. Un milicien endimanché gifle la joue droite d’un chasseur. Le tankiste arpente le périmètre  carré d’un déchet radioactif bitumineux. Le tableau champêtre s’effondre. L’extincteur s’effondre sur l’arbre chenu du tableau champêtre. La tache noire survole un mocassin jaunâtre. Le manche doré du balai brosse achève son quart de tour au-dessus du couvercle du tonneau de bière belge.

« Je ne régresserai pas » hulule le préfet.

Les miliciens placés sous le haut commandement du colonel de la protection civile  démantèlent la barricade.

« Nous ne régresserons pas »hulule le préfet

« Le Haut Etat Major n’est pas responsable du lâcher de la bombe incendiaire sur la tourelle fermée de l’intérieur de mon tank T33 qui avait reçu l’ordre non écrit de séparer les rangs alignés des retraités d’un complexe touristique bosniaque  afin de justifier le bombardement de la tour de contrôle de la télévision publique de l’état serbe » claironne le tankiste.

«Les balais du peuple uni tous ensemble balayeront les sous chefs de service mondialistes » claironne   Pierre G.

Un puissant jet d’eau très faiblement radioactif asperge les portes vitrées du couloir latéral de la chambre des soins palliatifs. L’infirmier stagiaire de la protection civile viole sans sommation l’épouse du liquidateur emmuré dans le sarcophage plombé de la tour de refroidissement de la soupape numéro deux (ou quatre).  La dépouille du sociologue irradié surplombe un cercueil de plomb qui ne s’ouvre que de l’intérieur.

 « Je suis prêt à faire le don de ma personne » s’extasie le président de la république. « Je croyais que vous m’aviez adressé la parole »  claironne le receveur de la poste centrale. « Je ne vous ai pas adressé la parole »claironne le représentant de l’ONG.  « Les particules radioactives ne traverseront pas la rive droite du Rhin » claironne le receveur de la poste centrale.

«Nous appliquerons la tolérance zéro à l’égard des ascendants en ligne directe des préfets qui se seront livrés à des jets de pétards » claironne le préfet.

Une rangée non alignée de particules radioactives s’écrase sur la porte plombée de la cave blindée. Le chat noir caresse la  moustache pistache d’un souriceau fortement irradiée. Le magnétophone ronronne. Le bec de la théière andine sifflote. W. fredonne l’avant dernière mesure de la Marseillaise. Dominique renverse la théière andine sur la jacket jaunie d’un roman policier britannique. Bernard enfonce une pile bi polaire dans le ressort distendu du canapé défoncé.

Une ambulance gémit. Un avion de chasse poursuit un drone.

 

L’hiver atomique débute.

 

Le manche doré  du balai brosse surplombe la barrière amovible en acier trempé du  couloir d’accès latéral de la zone C.

« Je ne suis pas folle » chantonne Dominique

Le manche doré du balai brosse entame une rapide progression entre les barbelés alignés de la zone C.

« Ma décision est prise » claironne le préfet.

Un milicien encagoulé procède en toute légalité à la saisie de la cagoule  du fils du préfet.  

« Je suis prêt à faire le don de ma personne, claironne le préfet

«Quatre cinq six, claironne le tankiste.

« L’entrée de la zone C est interdite à toute personne morale  étrangère à la Zone C» claironne une ouvrière bedonnante.

Un hélicoptère de la protection civile Lithuanienne s’écrase contre la tour de refroidissement numéro deux.

« Les bureaucrates responsables de l’explosion de la soupape numéro deux ou quatre seront balayés par le peuple uni tous ensemble » claironne Pierre G.

« Je ne suis pas folle, claironne l’ouvrière bedonnante.

« L’utilisation des cagoules est strictement réservée aux liquidateurs disposant d’un bon d’entrée et de sortie » claironne le brigadier de la protection civile

 «Je vous demande de procéder dans les plus brefs délais à la restitution d’une cagoule qui échappe à toute forme d’usufruit, claironne un chef d’orchestre

Un ouvrier bedonnant brise la hampe du balai brosse sur un tonneau de bière helvétique

« Je vous demande de m’écouter, claironne Pierre G.

Bernard et W. marchent de long en large devant Dominique

« Je ne suis pas folle » chantonne Dominique.

« Un deux trois quatre » claironne le tankiste

 « Vous ne m’avez pas écouté, bredouille Pierre G.

«L’ordre est l’ordre et l’ordre sans ordre écrit  est aussi l’ordre »  glapit le tankiste.

L’hiver atomique se poursuit

Un haut parleur de la zone D. crache un ordre.

« L’assemblée souveraine des survivants irradiés de la zone C ne vous a pas mandaté » bredouille un sous chef de service.

« Je ne suis pas ridicule » bredouille Pierre G.

Un fusilier marin fusille à bout portant un renard fortement radioactif.

Le manche doré du balai brosse effectue une retraite ordonnée entre les bottes dorées des secouristes responsables de l’évacuation réclamée de la Zone 32

Le préfet effectue un demi-tour entre les deux rangées des lits désalignés dans le réfectoire central.

Une triple rangée de garagistes surveille le point de  sortie de l’entrée de la zone C.

Une colonne  d’ambulances plombées franchit le point d’entrée de la Zone C.

Une policière désarmée procède à la réquisition du tableau champêtre.

Un pillard en bande organisé pousse un cri d’une très faible intensité.

L’ange de la mort marmonne un extrait des Châtiments du Sénateur Hugo (Victor).

Les trois piles bi polaires grésillent.

Deux bottes argentées obscurcissent les barreaux inamovibles de la cave blindée.

Une pile bi polaire explose.

 « Tu aurais pu nous dire que tu avais commencé l’enregistrement » bredouille Dominique

 « L’enregistrement a débuté » bredouille Bernard

  « Je ne savais pas que l’enregistrement avait débuté» bredouille Dominique.

 « Je vous avez dit que l’enregistrement était commencé, bredouille Bernard

« Je veux sortir » bredouille W.

« Du balai du balai, hulule le tankiste

 « Du balai du balai du balai » reprend Maguelone.

 « Aucun lancer de pétard ne sera toléré le soir du feu d’artifice » hulule préfet

« Du balai du balai du balai » reprend Maguelone

« La tolérance zéro s’appliquera également à la famille, aux proches et par conséquent à mon crétin de fils » hurle le préfet.

 « Ma décision est prise » hurle le préfet.

« Je ne suis plus ridicule » hulule Pierre G.

L’ouvrière bedonnante et l’ouvrier bedonnant s’emparent de la brosse du balai brosse.

« La porte plombée de la cave blindée ne s’ouvre que l’extérieur » bredouille Bernard

 «Je croyais que tu m’avais adressé la parole » bredouille Irina.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :